Accéder au contenu principal

Articles

KröniK | Shining - S/T (2023)

Il ne faut jamais juger un album sur la base de sa pochette surtout si elle est moche et ratée. Ainsi, celle qui habille le onzième méfait officiel de Shining (sans compter toutes les miettes qui jonchent sa carrière), assez peu engageante, ne donne pas tellement envie de déflorer son contenu. Pourtant, outre le fait que le bon goût n'a de toutes façons jamais été la qualité première de Niklas Kvarforth (le patron du groupe pour ceux qui l'ignoreraient encore), bien au contraire, cet écrin gore annonce parfaitement ce que le disque a dans ses entrailles poissées de sang, corrodées par une bile noire et malsaine, soit ce black metal maladif qui n'appartient définitivement qu'à son géniteur. Le successeur de X : Varg Utan Flock porte tout simplement comme titre le nom du groupe. Il serait bien sûr tentant sinon commode de lire dans ce choix la volonté des Scandinaves d'entamer un nouveau départ comme cela est fréquent lorsqu'un album est baptisé de manière éponym...

KröniK | The Wounded Kings - The Shadow Over Atlantis (2010)

Ils ont compris. Oui, Steve Mills et George Birch, les deux têtes pensantes de The Wounded Kings, ont compris que le doom n’est jamais aussi sincère que lorsqu’il conserve une patine sonore dépouillée, pas trop propre sans pour autant être prisonnière d’une croûte polluée. Cela ne signifie absolument pas qu'une prise de son claire et puissante ne sied pas au genre, un groupe comme Isole, auquel on pense tout de même un peu en écoutant la musique de ces anglais, l’a démontré sur ses derniers opus avec la maestria que l’on sait. Il n’empêche qu’un son de guitare vibratoire qui grésille saura toujours plus faire parler l’émotion qu’une production trop léchée et vierge en sensations. C’est donc tout le mérite de ce qui n’est que la seconde offrande de The Wounded Kings. Les premières mesures de « The Swirling Mist » suffisent à démonter toute l’authenticité qu’elle abrite. Une leçon. Mais The Shadow Over Atlantis se révèle aussi, et surtout, être une perle de doom épique et classique,...

KröniK | Triptykon - Shatter (2010)

On ne saurait considérer Shatter comme une simple rondelle composée de chutes de studio et d’un peu de live pour atteindre une durée raisonnable, le tout afin de capitaliser sur l’onde de choc libérée par la première offrande de Triptykon, projet – est-il vraiment besoin de le préciser - post Celtic Frost de Tom G. Warrior. Non car plus qu'un simple EP, il s'agit plutôt du dernier côté d’un édifice vertigineux, celui baptisé Eparistera Daimones , dont on ne peut mesurer les dimensions lovecraftiennes qu’une fois ses deux pans réunis. Davantage que les deux reprises de Celtic Frost capturées au roadburn, festival devenu La Mecque des musiques lourdes et extrêmes, certes intéressantes, surtout la seconde des deux, « Dethroned Emperor » qui voit le Nocturno Culto (Darkthrone) brailler un coup, ce sont surtout les trois pistes inédites issues des sessions de 2009 qui méritent le détour. Si « Shatter » épouse les courbes les plus atmosphériques dont est capable Triptykon, grâce à c...

KröniK | Kate Bush - Lionheart (1978)

Premier contact avec un album, certaines pochettes accrochent toutefois plus que d'autres la mémoire. Telle est le cas de celle de Lionheart , où l'on est tout étonné de découvrir la chanteuse sous le déguisement d'un lion, à quatre pattes sur une caisse en bois, en une posture qui pourrait être ridicule mais qui réussit pourtant à exsuder une sorte de naïveté érotique qui résume à merveille le charme unique de celle qui est alors encore une jeune femme, dont les lignes vocales de petite fille sous lesquelles couve cependant une mélancolie diffuse, sont autant capables de séduire que de repousser. Enfanté quelques mois à peine après The Kick Inside , offrande qui a révélé son talent pour le moins singulier, ce deuxième album se voit généralement oublié au profit de son prédécesseur, alors qu'en réalité les dix pièces qui l'animent ont été écrites, comme leurs devancières, longtemps avant, lorsque l'Anglaise n'était encore qu'une adolescente, fraîchement ...

CinéZone | Willis O'Brien - The Dinosaur And The Missing Link (1915)

Avant de signer les trucages du King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, Willis O'Brien se fait la main avec des courts métrages. The Dinosaur And The Missing Link est non seulement l'un d'entre eux mais surtout le premier film d'animation en stop-motion, technique à laquelle le nom de O'Brien demeure associé. Bien que bricolé en 1915 (il ne sortira sur les écrans que deux ans plus tard), on est frappé, lors de son visionnage, par le réalisme de ces figurines animées image par image.  Courte de six petites minutes, l'œuvre permet à son géniteur de donner libre court à sa passion pour les dinosaures et autres créatures fantastiques, ce qui ne l'empêche pas de livrer un spectacle chargé de poésie et d'humour. Il nous conte une sorte de ronde autour d'une jeune femme qui finira par choisir celui qu'elle croit avoir terrassé le singe (le chainon manquant) qui terrorise les gens alors que son champion n'a fait que s'attr...

KröniK | Corde Oblique - A Hail Of Bitter Almonds (2011)

Tous les deux ans depuis 2005, avec une régularité qu'on souhaite durable, Riccardo Prencipe nous envoie une carte postale de son Italie natale. Et si c'est un peu toujours la même, personne ne s'en plaindra tant la réussite est à chaque fois au rendez-vous. Encore peu connu dans notre contrée, malgré sa programmation incongrue mais remarquée au milieu du Cernunnos Pagan Fest qui s'est tenu à Paris en 2008, Corde Oblique est son jardin secret qu'il cultive depuis quatre albums (en comptant le sujet de cette chronique). D'une grande modestie, le Napolitain est pourtant un maître de la guitare sèche, instrument qu'il a d'abord pratiquée au sein de la formation gothique Lupercalia. Un peu à la manière de Ritchie Blackmore avec sa bande de troubadours, quand bien même les deux groupes sont assez différents dans leur expression d'une inspiration médiévale, plus ensoleillée et mélancolique chez Princippe, plus sombre et ancrée dans le socle de l'Europe...

KröniK | Mostly Autumn - Live 2009 (2009)

Généralement et pour faire court, les lives peuvent revêtir au moins deux aspects pour un groupe : une pause soit la fin d’un chapitre. Volontairement ou non, cette double ration en public offerte par Mostly Autumn entre dans la seconde catégorie. En effet, vous n’êtes pas sans savoir si vous suivez l’activité des Britanniques, que leur fabuleuse chanteuse Heather Findlay a depuis quitté la formation pour mener une carrière solo. De fait, ce live peut à juste titre être considéré comme une sorte de testament. Cette considération mise à part, Live 2009 , qui répartit, sur deux disques séparés, un florilège de la discographie du groupe, se révèle absolument inattaquable autant sur le fond (tous les titres sont magnifiques) que sur la forme (l’interprétation et la prise de son, aussi).  Les relectures sont fidèles, trop peut-être mais on s’enfiche pas mal car c’est un tel plaisir de pouvoir écouter des chefs-d’œuvre tels que « Fading Colours », « Unoriginal Sin », « Simple Ways », « ...