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CinéZone | Léonide Moguy - Intrigue à Damas (1944)

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KröniK | Cough / The Wounded Kings - An Introduction To The Black Arts (2010)

On est culte ou on ne l'est pas. An Introduction To The Black Arts l'est assurément, split scellant la rencontre entre deux entités au service de la déesse Doom. Deux groupes, deux visions d'une même allégeance, deux titres gargantuesques. Face A, Cough. Comme leur musique coulée dans le Sludge mazouté le démontre, les mecs sont américains, origine qui saute aux oreilles dès les premières mesures telluriques de "The Gates of Madness", soit près de vingt minutes apocalyptiques gravitant entre folie et rupture. Passée une lente introduction aux relents de rouille, l'enclume s'enfonce dans un substrat ultra pesant d'une puissance sismique à arracher la tapisserie. Et ne serait-ce les quelques bribes vocales très Doom Metal et un passage à la Electric Wizard, fugace lumière l'éclairant, ce titre a quelque chose d'un interminable Golgotha funéraire, pollué par une chant hurlé porteur d'une lèpre infernale. Face B, The Wounded Kings, artisan d...

KröniK | ... - Suffering Existence (2007)

..., métaphore d'une conclusion qui demeure inconnue, repoussée à plus tard ; métaphore d'une vie qui s'achève. ... est le nom retenu par trois italiens dont deux d'entre eux, Letalis (Deep-Pression, Funeral Veil, Funera...) et S. (Deep-Pression, Hypomanie...) sont des activistes de la douleur pétrifiée. Titre qui résonne comme une profession de foi, Suffering Existence est le premier signe de mort de ce projet qui respecte à la lettre tous les invariants du black doom vicié : production aussi polluée qu'une plage après un dégazage sauvage, tempo baveux qui ne dépasse jamais la seconde, vocaux écorchés vomissant des paroles (?) incompréhensibles, guitares minimalistes et répétitives...  Bref, rien de nouveau pour qui connaît son Xasthur sur le bout des doigts et pourtant, la magie (noire) opère au point d'être rapidement engourdi par ces deux plaintes sinistres. Démo originellement pressée à seulement 20 copies mais rééditée cette année par Self Mutilati...

CinéZone | Buster Keaton & Edward F. Cline - L'épouvantail (1920)

Bobine d'une vingtaine de minutes, L'épouvantail est, après La maison démontable et Malec champion de golf , l ' un des premiers films dont Buster Keaton est l'auteur complet une fois affranchi de son ancien mentor Fatty Arbuckle. Comme nombre de ses métrages, il en partage néanmoins la paternité avec Edward F. Cline avec lequel il a écrit le scénario et signe la mise en scène. The Scarecrow n'en rassemble pas moins toutes ses obsessions : la mécanique comme source de gags, les poursuites effrénées et la quête de l'amour. Deux parties le divisent. La première, remarquable, se déroule à l'intérieur de l'unique pièce d'une maison qui réunit entre quatre murs d'inventives fonctionnalités, à la fois chambre, cuisine, salle à manger, hommage évident aux machines de Rube Goldberg. Le long plan où Buster partage le repas avec son colocataire fournit un moment savoureux et jubilatoire, qui témoigne de cette science de la mécanique d'orfèvre propr...

CinéZone | Bertrand Blier - Buffet froid (1979)

En 1979, sortent sur les écrans deux des films français parmi les plus insolites : Série noire d'Alain Corneau et Buffet froid de Bertrand Blier. Les analogies entre les deux ne manquent étonnamment pas. Outre la présence de Bernard Blier, patron roublard dans le premier, flic trouble dans le second, Série Noire et Buffet Froid partagent déjà, au moins en partie, un même cadre urbain, celui de cette banlieue parisienne lugubre suintant l'inquiétude et la misère tant sociale qu'affective. A la fin des années 70, nombre de films français se nourrissent de cette verrue de béton ceinturant Paris qui fournit la cuve glaciale de toutes les peurs au fond de laquelle évoluent des erres égarés dans cet univers déshumanisé comme le bois mort d'une société qui mure les Hommes entre eux. Comme chez Corneau, le réalisme cru des décors se pare pourtant d'une dimension presque allégorique aux confins d'un fantastique kafkaien . Station de RER désolée, tour d'habitation v...

KröniK | Dark Covenant - S/T (2009)

Désormais réputé pour sa chapelle noire qui se conjugue souvent avec nationalisme et exaltation des anciennes valeurs, le Québec était en revanche jusqu’à présent peu cité pour ses groupes de doom. Dark Covenant vient combler cette lacune, ce qu’il fait avec un certain panache qui plus est. Etonnamment (ou non), ce ne sont que des activistes de la dite scène black metal qui sont à l’origine de cette réussite éclatante. Vjohrrnt Wodansson (Sombre Chemin), Evil Lair (Nordicwinter) et JS (Fjörd) forment ce line-up, complété par le bassiste Somatophylax, que l’on aurait de fait davantage imaginé se réunir pour tendre le bras. Pourtant il n’en est rien, quand bien même de part les thèmes qu’elle véhicule, les anciennes mythologies et la haine du modernisme, cette démo séminale s’enfonce dans un terreau identique à celui servant de combustible aux autres projets des quatre membres en présence. Par contre, la musique, n’a rien à voir puisqu’il s’agit ni plus ni moins du plus bel hommage fait ...

CinéZone | Willis O'Brien - The Ghost Of Slumber Mountain (1918)

Autant passionné par les dinosaures que par l'animation, Willis O'Brien signe en 1915 le court-métrage en stop-motion, The Dinosaur And The Missing Link . Fort de ce succès et après quelques autres brouillons, il se voit proposer par le producteur Herbert M. Dawley, la réalisation d'un premier long qui lui offrira la possibilité d'approfondir cette technique de l'animation image par image. Ce sera The Ghost Of Slumber Valley . Dans le sillage du Monde perdu de Conan Doyle, l'œuvre imagine l'histoire d'un explorateur qui, grâce à une sorte de paire de jumelle extraordinaire que lui a légué un vieil ermite, peut avoir dans le passé préhistorique. Malheureusement, peu satisfait semble-t-il du résultat, O'Brien charcute son travail et des quarante minutes originelles, il ne reste que 18 minutes environ. Pourtant, même mutilé, le film impressionne par sa prouesse technique qui n'a, presque, rien à envier aux trucages d'aujourd'hui, couplée à u...

KröniK | Shining - S/T (2023)

Il ne faut jamais juger un album sur la base de sa pochette surtout si elle est moche et ratée. Ainsi, celle qui habille le onzième méfait officiel de Shining (sans compter toutes les miettes qui jonchent sa carrière), assez peu engageante, ne donne pas tellement envie de déflorer son contenu. Pourtant, outre le fait que le bon goût n'a de toutes façons jamais été la qualité première de Niklas Kvarforth (le patron du groupe pour ceux qui l'ignoreraient encore), bien au contraire, cet écrin gore annonce parfaitement ce que le disque a dans ses entrailles poissées de sang, corrodées par une bile noire et malsaine, soit ce black metal maladif qui n'appartient définitivement qu'à son géniteur. Le successeur de X : Varg Utan Flock porte tout simplement comme titre le nom du groupe. Il serait bien sûr tentant sinon commode de lire dans ce choix la volonté des Scandinaves d'entamer un nouveau départ comme cela est fréquent lorsqu'un album est baptisé de manière éponym...